Billets d'humeur / Société

« Il paraît… »

Il paraît que je ne t’aime pas.

Du moins c’est ce qu’ils disent.

Il paraît que je ne t’aime pas,

Cela fait tant de temps qu’ils l’affirment…

Paraît que c’est parce que je suis dure avec toi,

Paraît que je ne te connais pas,

Que je t’ôte le droit à l’erreur,

Et même celui de verser des pleurs,

Paraît aussi que quand on aime on châtie bien,

Et que l’amour a ses raisons dont la raison se fiche bien.

Écoute moi bien et cesse donc de rire,

Je ne t’ai même pas encore dit le pire.

Paraît qu’en plus tu me renies,

Quand ce n’est juste pas juste moi qui t’oublies.

Mais au fond, dis-moi, ça intéresse qui ?

Seuls nous savons ce que l’on vit,

Seuls nous distinguons le faux du vrai,

Seuls nous savons comme tu me plais.

Paraît pourtant que je l’aime plus que toi,

Qu’il y aurait une histoire de concurrence,

C’est vrai qu’elle, je ne l’aime pas comme toi.

Mais tu le sais bien, c’est différent.

Est-ce que je te hais pour autant ?

Différent ne veut pas dire moins intense.

Crois-tu qu’ils connaissent la différence ?

Qu’ils savent démêler le vrai du kankan ?

Crois-tu seulement qu’ils connaissent la passion ?

Qu’ils savent que ça veut dire « souffrance » ?

Pourtant on dit « passion du Christ »,

Ce devrait être un bon indice…

Au fond, ils n’ont peut-être pas tout à fait tort.

Ce qu’il y a entre nous c’est un peu de ça.

Beaucoup de joie et autant de maux,

Quand tu m’ignores et que je t’évites

Que tu me rejettes, que je te délaisses,

Alors même que dès le premier jour,

En expirant mon premier souffle,

Je t’ai aimé à l’infini,

Même si j’ai tardé à te le dire.

J’admire ta force, ton élégance,

Et cette sagesse qu’emporte ta fougue,

Et j’aime tellement voir quand tu danses,

Comme tu rayonnes même sous le joug

De l’oppresseur, de l’injustice,

Malgré le marquage aux fleurs de lys,

Malgré le sang, la répression,

La division et les tensions.

En ce qui me concerne, quoi qu’on en dise,

Malgré les failles et les critiques,

C’est toujours ton âme qui m’habite,

Toi que j’adore, douce Martinique.

Nèl Tinta-NégraTous droits réservés.

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